Vous prévoyez de visiter Lille prochainement et vous vous demandez par où commencer ? Entre ses deux beffrois, ses façades flamandes, ses nombreuses friteries et l’énergie débordante de la Grand’Place, la « Capitale des Flandres » est la destination idéale pour un week-end dépaysant sans quitter l’hexagone. Suivez le guide !
Quels sont les lieux à voir à Lille ?
1. Le beffroi de la Chambre de commerce de Lille :
Dominant la vieille ville avec ses 76 m de hauteur, le beffroi de la Chambre de commerce accueille de loin les touristes venus visiter Lille. Ce bâtiment néo-flamand en pierres et en briques fut construit entre 1910 et 1921.
Plus tard en 1984, un carillon de 26 cloches, fruit de cinq ans de financement participatif, fut ajouté dans le beffroi.

À l’origine, ce carillon sonnait de multiples airs locaux (P’tit Quinquin, Petit Jean revenant de Lille, etc.) toutes les heures. Depuis 2005, seul deux airs sont joués, P’tit Quinquin et l’Hymne européen (Ode à la Joie) de Beethoven, car la Chambre de commerce souhaitait marquer son ouverture vers l’Europe.
De plus, le carillon ne sonne désormais que sur des plages réduites entre midi et 14 h la semaine et entre 18 h et 20 h le week-end, afin de ne pas déranger le voisinage.


À l’intérieur de la Chambre de commerce se trouve un hall d’honneur, coiffé d’une grande coupole en verre située à 17 m de hauteur. Il est possible de visiter gratuitement ce hall, en journée, après avoir passé un contrôle de sécurité à l’entrée du bâtiment.

2. La Grand’Place de Lille :
Cœur battant du Vieux-Lille, la Grand’Place fut aménagée au XIVe siècle, à l’emplacement d’un marais alimenté par les eaux de la Deule, afin d’accueillir le marché aux grains. Cette place était dédiée exclusivement au commerce, et devait satisfaire les besoins de la population en vivres.

Autrefois, la Grand’Place était plus vaste que celle actuellement visible et ponctuée de maisons en son centre. Elle fut reconfigurée au XVIIe siècle avec la construction de la Vieille Bourse qui sépara alors la Grand’Place de la Petite Place (actuelle place du Théâtre). Depuis 1944, la Grand-Place porte aussi le nom du Général de Gaulle, en hommage à l’ancien chef d’État né à Lille.
3. La Vieille Bourse de Lille :
La Vieille Bourse de Lille, reconnaissable à ses couleurs chatoyantes, fut construite de 1652 à 1653 par Julien Destrée, alors que la ville était sous domination espagnole.

Son architecture est richement ornementée et mêle la couleur à l’exubérance des formes : guirlandes de fruits, cornes d’abondance, corps sculptés, etc.
Vous pourrez remarquer en faisant le tour du bâtiment, que les portes permettant d’accéder à la cour intérieure du bâtiment sont somptueusement décorées.

Dans la cour intérieure de la vieille bourse, vous pourrez voir des bouquinistes, des jeux d’échecs et en été des démonstrations de tango.

4. Le Palais Rihour :
Situé sur la place éponyme, le palais Rihour est le dernier vestige de la demeure des Ducs de Bourgogne à Lille.
Édifié dans le style gothique flamboyant en 1453 par Philippe le Bon, cet édifice a subi trois incendies qui ont emporté une grande partie des bâtiments qui le composaient. Cependant, il est encore possible d’admirer son escalier, datant du XVème siècle, la chapelle, ainsi que la salle des gardes qui abrite aujourd’hui l’Office de Tourisme de Lille.

Juxtaposé à la chapelle du palais, se trouve un monument aux morts de la Première Guerre mondiale. Il fut érigé ici, car le troisième incendie du palais a eu lieu en 1916 durant ce conflit.
Il est intéressant de noter que c’est un monument dédié aux Lillois morts pour la Paix, et non pour la Patrie, que choisit le conseil municipal en 1924. Cela malgré les protestations des anciens combattants, car pour ces derniers, l’inscription « Aux Lillois morts pour la Paix » était perçue comme une provocation ou, du moins, comme une dénaturation de leur combat.

Les anciens combattants estimaient qu’ils étaient tombés « pour la Patrie » et pour la victoire militaire. Le mot « Paix » était jugé trop pacifiste, voire teinté d’antimilitarisme, semblant occulter la dimension patriotique et héroïque de leur sacrifice. Au contraire, la mairie de Lille socialiste, sous la direction de Gustave Delory, puis Alexandre Bracke-Desrousseaux, souhaitait souligner l’horreur de la guerre et l’espoir que ce conflit soit le dernier.
5. L’opéra de Lille :
Véritable joyau de la place du Théâtre, l’opéra de Lille est un chef-d’œuvre de style néo-classique italien qui fut achevé en 1923. Son imposante façade est ornée de sculptures représentant les Muses et Apollon, dieu des arts. À l’intérieur, la salle « à l’italienne » brille de mille feux avec son rouge et son or, offrant une acoustique exceptionnelle.

6. L’Hospice Comtesse :
Fondé en 1237 par la comtesse Jeanne de Flandre, l’Hospice Comtesse est ancien hôpital qui témoigne de l’architecture flamande médiévale. Ce lieu accueillait les pauvres, les malades, les pèlerins et les passants, auxquels les religieuses, respectant les règles de saint Augustin, apportaient aide et secours.

En 1245, en reconnaissance de sa fondatrice, le lieu est renommé « l’hôpital Comtesse ». Ce lieu a conservé sa fonction hospitalière plus de 700 ans, avant de fermer en 1940 suite à la vétusté des bâtiments. Le lieu fut ensuite rénové de 1946 à 1947, pour en faire un lieu d’exposition.

Aujourd’hui transformé en musée, l’Hospice Comtesse abrite des collections d’art, de mobilier et de céramiques dans un cadre enchanteur. On peut y visiter l’ancienne pharmacie, la cuisine carrelée de faïence de Lille et la salle des malades, offrant une plongée immersive dans la vie quotidienne des siècles passés.
7. La Maison natale de Charles de Gaulle
Située au 9 rue Princesse, cette demeure bourgeoise appartenait aux grands-parents maternels du Général. C’est ici qu’il est né le 22 novembre 1890. Transformée en musée, la maison a conservé son atmosphère de la fin du XIXe siècle avec son mobilier d’époque et des souvenirs de famille.

8. Le Beffroi de l’Hôtel de Ville :
Dominant la ville du haut de ses 104 mètres, le Beffroi de l’Hôtel de Ville de Lille est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Construit entre 1924 et 1932 dans un style néo-flamand qui allie brique rouge et béton armé, il est le symbole de la reconstruction de la ville après la Première Guerre mondiale. Il est possible de visiter ce beffroi en effectuant l’ascension de ses marches (ou en prenant l’ascenseur !). Au sommet, la vue offre un panorama à 360 degrés sur toute la métropole lilloise et les plaines environnantes.

Il est intéressant de constater la différence architecturale de ce beffroi de style Art Déco construit à partir de 1924, avec celui de la Chambre de commerce, reprenant les codes de l’architecture vernaculaire, débuté en 1910. La Première Guerre mondiale vient comme marquer une rupture entre ces deux architectures, la première privilégiant le souci du détail et des ornements quand la seconde adopte des formes plus brutes et épurées.
9. La Porte de Paris :
Érigée à la fin du XVIIe siècle, la Porte de Paris est un arc de triomphe monumental célébrant la prise de Lille par Louis XIV en 1667. Elle fut conçue par l’architecte Simon Vollant pour marquer l’entrée de la ville et symboliser la puissance du « Roi-Soleil ». Ses sculptures détaillées, représentant la Victoire couronnant le Roi, en font l’un des plus beaux exemples d’architecture militaire décorative en France.

10. La Citadelle de Lille :
Surnommée la « reine des citadelles » par Vauban, la citadelle de Lille est une forteresse du XVIIe siècle édifiée entre 1667 et 1673. Pièce maîtresse du « pré carré », un système défensif rationalisé conçu par Vauban pour Louis XIV, dont la stratégie consiste à délaisser les places isolées au profit de positions clés pour protéger le territoire.

Architecturalement, elle est un pentagone fortifié avec bastions, fossés inondables, et un système défensif complexe. Le pourtour de la forteresse, autrefois militaire, est aujourd’hui un poumon vert avec des zones humides et une biodiversité riche. Toujours occupée par l’armée, cette étoile de briques et de pierres s’inscrit au cœur du plus grand espace vert de la ville.

Pour l’anecdote : Charles de Batz de Castelmore dit D’Artagnan fut nommé gouverneur de la citadelle en 1672 par Louis XIV.
Que manger à Lille ?
Pour une expérience authentique, poussez la porte de l’un des nombreux estaminets de la ville ; ces auberges traditionnelles vous accueilleront dans une ambiance feutrée pour savourer des spécialités locales comme la carbonnade flamande (un ragoût de bœuf à la bière), le welsh (une tartine au cheddar et à la bière) ou les incontournables moules-frites, le tout accompagné d’une bière régionale.
Les amateurs de cuisine sur le pouce pourront également se diriger vers les friteries pour y déguster des frites au Maroilles, emblématiques du terroir nordiste.
Lors votre visite de Lille, ne manquez pas aussi d’aller à la boutique Aux Merveilleux de Fred. Véritable institution lilloise située rue de la Monnaie, cette pâtisserie a redonné ses lettres de noblesse au Merveilleux, un gâteau traditionnel du Nord que le patissier Frédéric Vaucamps a sublimé.
Le spectacle commence dès la vitrine : on y observe les pâtissiers enrober avec une dextérité fascinante des boules de meringue légère de crème fouettée onctueuse, avant de les rouler dans des copeaux de chocolat noir ou de spéculoos. Que ce soit pour la version classique ou l’incroyable Incroyable (aux éclats de chocolat blanc et spéculoos), chaque bouchée est un contraste parfait entre le craquant de la meringue et le fondant de la crème.
Conclusion :
Visiter Lille, vous permettra de découvrir une richesse architecturale et historique témoignant du double héritage flamand et français de la ville. La Grand’Place majestueuse, et le Vieux-Lille avec ses ruelles pavées et ses maisons colorées, constituent des témoignages tangibles de la Capitale des Flandres. Située à seulement une heure de Paris en TGV, Lille est la destination idéale pour un week-end dépaysant sans quitter l’hexagone.
