Une église mérovingienne à Grenoble

Véritable trésor datant de l’époque Mérovingienne, la crypte de l’église funéraire Saint-Oyand est librement accessible au public. Construite au VIe siècle, elle se situe à l’intérieur d’une autre église qui est venue l’englober au XIIe siècle, il s’agit de l’église Saint-Laurent aujourd’hui transformée en musée archéologique.

L’église Saint-Laurent

Située à Grenoble en Isère, l’église Saint-Laurent de style roman à été construite au XIIe siècle sur l’emplacement d’une première église de l’époque carolingienne (IXe siècle), elle même construite sur une église de l’époque mérovingienne (VIe siècle) qui disposait de trois niveaux. Le niveau inférieur de l’église mérovingienne qui servait de lieu de recueillement, a été conservé lors de ces constructions successives.

Vue sur l’église Saint-Laurent (actuellement transformée en musée)

Au XIe siècle, l’évêque de Grenoble à confié l’église aux moines bénédictins, le bâtiment était alors encore celui de l’époque carolingienne. Ce sera durant la présence des moines, que l’église au style roman du XIIe siècle sera bâtie avec l’ajout d’un cloître.

L’édifice connaitra ensuite plusieurs modifications, avec notamment l’agrandissement du cloître pour faire face à l’augmentation du nombre de moines. Les moines occuperons le lieu durant sept siècles jusqu’au déclin de la communauté au XVIIe siècle.

Après la révolution française, le lieu deviendra une église paroissiale.

En 1803, Jacques-Joseph Champollion, frère aîné de l’égyptologue décrit l’église funéraire mérovingienne dans une “dissertation” anonyme, ce qui entrainera un regain d’intérêt pour le lieu.

L’église funéraire subira ensuite plusieurs actes de vandalisme avec notamment l’ouverture de tombes par des ouvriers.

En 1846 les membres de l’Académie Delphinale décident d’informer le ministre de l’intérieur de la nécessité de protéger la crypte touchée par de multiples actes de vandalisme. Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments Historiques, intervient pour faire classer l’édifice.

En 1974, Raymond Girard, architecte départemental des bâtiments de France découvre un ensemble d’édifices en ruines lors de la fin des travaux de restauration de la crypte de l’église Saint-Oyand. Il demande que des archéologues poursuivent les fouilles. Mais, cela ne se fera pas avant 1978 où débute une longue campagne de fouilles du site sous la direction de l’archéologue Renée Colardelle. Ces fouilles permettrons de découvrir de nombreux objets et ruines permettant d’en savoir plus sur le riche passé du lieu et les édifices qui s’y sont succédé. Ces fouilles entrainerons ensuite la désacralisation de l’église Saint-Laurent (par la même occasion celle de la crypte de l’église funéraire) et sa transformation en musée archéologique.

L’église Saint-Laurent aujourd’hui

Dès les premiers pas dans le musée (église Saint-Laurent), il est possible de voir que le sol de la nef à été transformé en chantier archéologique.

L’église Saint-Laurent avec vue sur les vestiges découverts sous la nef

 

Le chœur de l’église à quand a lui conservé ses décors.

Vue sur le chœur de l’église

 

Il a été décoré au XIXe siècle par le peintre italien Luigi Morgari.

Voûte du chœur peinte par Luigi Morgari
Détail d’un décor mural

 

Les vestiges présents dans la nef sont éclairés par un jeu de lumières permettant de différentier les époques auxquelles ont étés construits les précédents édifices.

Les vestiges dans la nef de l’église

 

Il est possible de voir juste avant le chœur les fondations extérieures de l’église Saint-Oyand.

Vue sur les fondations de l’église Saint-Oyand depuis la nef de l’église Saint-Laurent

 

L’église mérovingienne Saint-Oyand

L’accès à l’église funéraire Saint-Oyand se fait par un escalier situé à droite du chœur.

Accès de l’église Saint-Oyand

 

Les escaliers débouchent sur une salle voutée avec deux séries de colonnades. La colonnade avec les grandes colonnes date de l’origine de la fondation de l’église Saint-Oyand au VIe siècle, à cette époque le plafond n’était pas vouté. La voute de la crypte apparait au VIIe siècle avec l’ajout d’une seconde colonnade en hauteur.

La crypte de l’église Saint-Oyand
Vue sur les deux séries de colonnades
La colonnade du VIe siècle
Vue sur la colonnade du VIIe siècle
Plafond vouté de l’église

 

Sur les colonnes sont disposés des chapiteaux avec des motifs de feuilles et des tailloirs avec des motifs par exemple des animaux et des croix.

Détail des chapiteaux et tailloirs disposés sur les colonnes

La sortie de la crypte de l’église Saint-Oyand se fait ensuite à l’opposé de l’entrée.

Autres éléments intéressants du musée

Dans la sacristie se trouve un tableau montrant le martyre de Saint-Laurent datant de 1850 peinte par Auguste Marquiand. Le tableau montre une foule de Chrétiens en pleurs derrière Saint-Laurent qui à les mains liées par son bourreau face à l’instrument de son martyre, un grill chauffé par un brasier. Laurent de Rome était un diacre qui fut nommé par le pape Sixte II en 210, sa condamnation est due à son refus de remettre le trésor de l’église au préfet en 258. Suite à cela, Saint-Laurent est devenu un illustre martyre de la chrétienté.

Le martyre de Saint-Laurent par Auguste Marquiand, 1850.

 

Parmi les autres éléments intéressants à découvrir dans ce musée, il y est possible de voir au niveau de l’entrée de l’église Saint-Laurent une fresque datée de la fin du XIIe siècle qui avait disparu suite au réaménagement de l’entrée au XVe siècle. Il est notamment possible de reconnaitre sur cette fresque Saint-Pierre sur la gauche.

La fresque datant de la fin du XIIe siècle

 

Il vous sera également possible de découvrir dans le musée l’ancienne croix du clocher en fer forgé datant du XVe siècle, avec sur ses extrémités des fleurs de lys et une girouette en forme de dauphin. Cette croix montre ainsi que l’église Saint-Laurent se situait dans la province du Dauphiné. Cette croix à été démontée en 1980, une copie de cette croix est actuellement présente sur le clocher de l’église.

La croix en fer forgé du XVe siècle

 

Conclusion

La crypte de l’église funéraire Saint-Oyand est exceptionnelle par son état de conservation remarquable, qui permet encore aujourd’hui de visiter ce monument du VIe siècle. Le musée Saint-Laurent permet également d’en savoir plus sur l’histoire du lieu et les différents édifices qui se sont succédé. De plus l’entrée du musée ainsi que la visite de la crypte Saint-Oyand sont gratuites.

 

 

L’église Saint-Laurent (musée)

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